La séduction dans la peau, osons les parfums charnels !


Armani Si Intense
Douces, chaudes, félines… les fragrances opulentes exaltent la féminité et nous enveloppent de volupté, comme la plus précieuse des fourrures. On s’abandonne à ces concentrés de séduction. Extraits choisis.
Que les avocates de la cause animale rentrent les griffes. En parfumerie, nulle petite ni grosse bête n’est plus sacrifiée sur l’autel de nos émois charnels, mais dites le mot « fourrure » et certaines feulent encore de désir. Les autres pensent confort, luxe et… Baudelaire, qui prétendait « confondre l’odeur de la fourrure avec celle de la femme ». On pense actrices hollywoodiennes, princesses russes en traîneau… « On pense parfums chauds, doux, puissants, riches et… nobles », note le parfumeur Nicolas du Barry * en rappelant que Philippe le Bel avait interdit la fourrure à la bourgeoisie. Elle reste associée aux grands classiques de l’élégance et aux orientaux opulents, d’Arpège de Lanvin à Opium d’Yves Saint Laurent, en passant par Joy de Patou, Ca­lè­che d’Hermès, Shalimar de Guerlain, Madame Rochas ou l’Eau du Soir de Sisley mais, de nos jours, la sensualité a bien d’autres facettes.
Qui dit fourrure, dit aussi notes animales, notamment le fameux triumvirat de matières premières naturelles – musc, castoréum, civette –, aujourd’hui interdites mais qui parlent cru à nos instincts primitifs. Reste l’am­bre gris, la suave sécrétion du cachalot qui fixe si bien les odeurs mais coûte 50 000 euros le kilo. Les parfumeurs ne manquent pas de ressources pour donner le change avec des accords ambrés, épicés, boisés qui marient cumin, patchouli, santal, benjoin, fève tonka et toutes sortes de muscs. Quant aux fleurs blanches, ne les croyez pas si innocentes. Jasmin, tubéreuse, fleur d’oranger et vanille sont parfois de grandes allumeuses. Vanille, vanille… et nous voilà de retour chez Guerlain, le plus caressant des parfumeurs. Sylvaine Delacourte, directrice du développement olfactif, en sait quelque chose. « Lorsque je suis entrée chez Guerlain, raconte-t-elle, il y avait un parfum fourrure officiel : Vol de Nuit, mystérieux, animal, dense, envoûtant. Ce n’est pas un jus facile à porter avec sa tête un peu râpeuse et sa facette cuirée orientale, admet notre experte. On ne peut l’aimer que si on a dormi avec lui. » Il exige une forte personnalité, du charisme, comme Katharine Hepburn, Barbra Streisand ou Isabelle Adjani, qu’il a réchauffées. Vous préférez la fourrure claire à poils courts ? Sylvaine Delacourte vous oriente alors vers Cuir Beluga, plus mo­derne mais si intime avec son fond ambré vanillé un peu poudré, ses accents d’épices et d’immortelle.
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